Anti-cambriolage

80 % des Français ont des données en vente sur le darknet : faux prêts et escroqueries, ce que vous risquez

Selon la Gendarmerie, 80 % des Français ont des données en vente sur le darknet. Faux prêts, escroqueries : les risques et les bons réflexes.

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80 % des Français ont des données en vente sur le darknet : faux prêts et escroqueries, ce que vous risquez

Vous avez peut-être déjà des données qui circulent sans le savoir. Le major général de la Gendarmerie nationale affirme qu'environ 80 % des Français ont des informations en vente sur le darknet. Pour certains, tout y est : adresse, téléphone, mail, santé. Le risque : de faux dossiers de prêts et des escroqueries de toute nature.

En bref

  • Pour le général Petillot, de la Gendarmerie, 80 % des Français ont des données en vente sur le darknet.
  • Pour certains, tout y est : adresse, téléphone, mail, santé. Les données servent à de faux dossiers de prêts.
  • La France compte 43,4 millions de comptes compromis au premier semestre 2026, en hausse de plus de 62 %.

Le chiffre clé : 80 % des Français ont des données en vente sur le darknet, selon la Gendarmerie.

Environ 80 % des Français ont des données en vente, selon la Gendarmerie

Le chiffre est tombé jeudi à Toulon, lors des Rencontres stratégiques de la Méditerranée, organisées par la fondation FMES. Le général André Petillot, major général de la Gendarmerie nationale, y a affirmé que près de 80 % des Français ont leurs données en vente sur le darknet, « à des niveaux plus ou moins importants ».

La nuance compte. Le général ne dit pas que quatre Français sur cinq ont déjà été victimes d'une fraude. Il décrit un marché noir alimenté par des mois de cyberattaques, où vos informations ont de fortes chances de figurer, avec plus ou moins de détails.

Pour vous, l'enjeu est d'abord financier. Ces données ne sont pas collectionnées pour le plaisir : elles se revendent, et elles servent à monter des escroqueries. Savoir que vous êtes probablement concerné change la façon de lire un appel, un SMS ou un courrier inattendu.

Pour certains, le profil est complet : adresse, téléphone, mail et santé

Tous les Français ne sont pas exposés au même degré. Le général Petillot a insisté sur les cas les plus graves, ceux où le dossier volé est complet.

« Il y a des gens pour lesquels il y a tout, l'adresse, téléphone, adresse mail, données de santé, etc »

Général André Petillot, major général de la Gendarmerie nationale, aux Rencontres stratégiques de la Méditerranée à Toulon.

Il a aussi cité les usages malveillants de cette revente : « des faux dossiers de prêts, des escroqueries de toute nature ». Un dossier de prêt monté avec vos informations se retrouve à votre nom, et c'est à vous de démêler la situation. Les données de santé, elles, donnent aux fraudeurs de quoi rendre un message crédible.

Plus un escroc connaît de détails vrais sur vous, plus son approche paraît légitime. C'est tout l'intérêt, pour lui, d'un profil complet.

La France, deuxième pays le plus touché par les fuites derrière les États-Unis

Ce constat de la Gendarmerie s'appuie sur une réalité mesurée ailleurs. Une étude de l'entreprise de cybersécurité Surfshark, publiée en juillet, place la France en tête des pays européens pour les violations de données. À l'échelle mondiale, Karim Hamia, expert en cybersécurité chez Check Point Software Technologies, la classe deuxième, derrière les États-Unis.

IndicateurChiffre
Comptes compromis en France, premier semestre 202643,4 millions
Évolution par rapport au second semestre 2025plus de 62 %
Rang parmi les pays européens (Surfshark)1er
Rang mondial pour les fuites (Check Point)2e, derrière les États-Unis

Un compte compromis n'est pas un Français piraté : une même personne peut avoir plusieurs comptes touchés. Mais la hausse de plus de 62 % en un semestre montre que le rythme s'accélère, pas qu'il ralentit.

Le fisc et la Fédération de tir : des fuites aux effets très concrets

Ces derniers mois, plusieurs vols de données ont visé des organismes publics. Le plus massif touche le fisc français, piraté cet été. Quand une administration que tout le monde connaît est visée, le nombre de personnes concernées peut être immense.

Autre cas, aux conséquences physiques : le piratage de la Fédération française de tir. Il aurait permis à des criminels de localiser des logements de tireurs, puis de les cambrioler pour dérober leurs armes. Une fuite de données n'est donc pas seulement un risque de spam ou d'arnaque.

Hugues Foulon, directeur général d'Orange Cyberdéfense, a parlé lors de la même conférence d'un « monde en accélération permanente ». Selon lui, on ne prend pas complètement conscience de la vitesse des choses, et « un certain nombre d'infrastructures publiques ne sont pas à la hauteur de ce niveau de protection ».

Ce que vous pouvez faire pour limiter les dégâts

Vous ne pouvez pas retirer vos données du darknet. Vous pouvez en revanche rendre leur usage plus difficile.

  • Surveillez vos comptes et votre courrier. Une demande de prêt, un courrier de refus ou un prélèvement que vous ne reconnaissez pas doivent vous alerter tout de suite.
  • Ne faites pas confiance à une information exacte. Si un interlocuteur cite votre adresse ou votre numéro, cela ne prouve rien : ces données circulent.
  • Prenez au sérieux toute alerte de fuite. Si une enseigne ou un organisme vous prévient, changez le mot de passe concerné et méfiez-vous des messages qui suivent.
  • Ne réutilisez pas le même mot de passe. Un seul compte compromis ne doit pas ouvrir les autres.

Le réflexe le plus rentable reste le doute : un message pressant qui vous demande de l'argent ou des documents mérite toujours une vérification par un canal que vous choisissez vous-même.

Vos questions

Qui a avancé le chiffre de 80 % des Français ?

C'est le général André Petillot, major général de la Gendarmerie nationale, jeudi à Toulon lors des Rencontres stratégiques de la Méditerranée. Il parle de données en vente sur le darknet « à des niveaux plus ou moins importants », donc avec des degrés d'exposition très variables.

Quelles données peuvent être revendues et pour quoi faire ?

Pour certaines personnes, le général évoque un profil complet : adresse, téléphone, adresse mail et données de santé. Ces informations servent notamment à monter de faux dossiers de prêts et des escroqueries de toute nature.

La France est-elle plus exposée que ses voisins ?

Une étude de Surfshark la place en tête des pays européens les plus touchés par les violations de données, avec 43,4 millions de comptes compromis au premier semestre 2026. Un expert de Check Point la classe deuxième au monde pour les fuites, derrière les États-Unis.

Sources : BFMTV.


SP

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